culture_acadienne

Bienvenue en Acadie! Unique et diverse toute à la fois, la culture acadienne est à découvrir. Car, si l’Acadie n’a plus de territoire géographique défini, elle demeure bien vivante dans les us et coutumes, les accents et l’histoire du peuple acadien.

Peu importe où ils se trouvent dans le monde, les Acadiens partagent aussi des symboles nationaux, établis lors des deux premières conventions nationales acadiennes à la fin du 19e siècle. Ainsi, dès 1881, on choisit le drapeau acadien sous la forme du drapeau tricolore (bleu, blanc et rouge) qui se distinguera de celui de la France par l’ajout d’une étoile dorée.

L’hymne national acadien est l’Ave Maris Stella, un chant adressé à Marie, la patronne des Acadiens. Les Acadiens étant placés sous sa protection, il semble naturel que le jour de la fête nationale des Acadiens soit le 15 août, fête de l’Assomption de la vierge Marie. Le 15 août est donc surtout jour de fête pour les Acadiens qui célèbrent l’appartenance à leur culture en descendant dans les rues de toutes les villes et villages pour faire du bruit lors d’un tintamarre coloré. Laissez-vous entraîner dans la joyeuse cacophonie et profitez vous aussi de la joie de vivre acadienne!

 

L'Acadie et les Acadiens

vielle map de l'AcadieEn 1604, un groupe de colons français s’installe à l’île Sainte-Croix, située à la frontière entre ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Brunswick et le Maine. Après un hiver rude, ils relocalisent la colonie en 1605  à Port-Royal. Ce sera là le point de départ de l’Acadie, qui finira par désigner le territoire de la Nouvelle-Écosse actuelle. Peu à peu, l’Acadie se peuple de pionniers provenant majoritairement de la France et qui s’organisent en communautés à liens serrés.

En 1713, le traité d’Utrecht met fin au règne français en Acadie qui devient une colonie britannique. Les Acadiens, parlant le français et catholiques, refusent toutefois pour la plupart de prêter serment d’allégeance à la couronne britannique. Quoiqu’ils désirent rester neutres en situation de conflit, les nouveaux dirigeants anglais craignent, entre autres, de voir les Acadiens se ranger du côté de la France. En 1755 commence la déportation systématique du peuple acadien vers les colonies américaines, l’Angleterre et la France.

carte de l'Acadie actuelCe Grand Dérangement durera jusqu’en 1763, date à laquelle les Acadiens auront le droit de revenir s’installer sur l’ancien territoire acadien, à condition de se disperser en petits groupes. C’est ainsi que les Acadiens se retrouvèrent un peu partout dans les provinces Maritimes, formant des communautés plus ou moins larges. Par exemple, au nord-est du Nouveau-Brunswick, longeant les côtes, on retrouvera plusieurs de ces communautés acadiennes formées par ceux qui avaient échappé à la déportation ou qui reviendront s’installer près de leur lieu d’origine. C’est la péninsule Acadienne.

À travers les années, les habitants des communautés installées dans diverses provinces telles que le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard (et, en plus petits nombres, Québec et Terre-Neuve) conserveront leur langue, leurs coutumes, leur histoire et leurs traditions. C’est pourquoi on a souvent désigné l’Acadie moderne comme étant répartie dans les provinces Maritimes. Mais l’Acadie est surtout vivante dans le coeur des Acadiens et ceux-ci sont partout: au Canada, aux États-Unis, en France...  

Les Acadiens

Lorsque vient le temps de définir ce qu’est un Acadien, on se heurte à la définition géographique, car les Acadiens n’habitent pas un territoire clairement établi. On les définit souvent comme étant les francophones qui habitent les provinces de l’Atlantique (Nord-est, nord-ouest et sud-est du Nouveau-Brunswick, quelques régions de la Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve). Mais la diaspora acadienne s'étend aussi sur le sud de la Gaspésie, les Îles de la Madeleine, la Basse-Côte-Nord et autres régions au Québec, en plus de la Louisiane.

 Vus d’ailleurs, les Acadiens sont souvent confondus avec les Québécois, probablement parce les Acadiens et Québécois sont tout deux des francophones du Canada. Pourtant, les Acadiens ont une culture, une histoire, un parler français, une cuisine (mets) et des us et coutumes qui leur sont propres et les différencient des autres francophones d'Amérique.

 Une autre caractéristique de l'Acadien, c’est sa fierté d’appartenance au peuple acadien. Une des façons utilisées pour exprimer cette fierté est de porter bien haut le drapeau acadien, symbole national par excellence. Le fameux Tintamarre du 15 août est le parfait exemple de la forte présence des Acadiens qui sortent dans les rues pour se faire entendre. L’Acadien est particulièrement démonstratif quand vient le temps d’exprimer sa fierté, probablement parce qu’il demeure francophone dans la majorité anglophone.

 Aujourd’hui, on utilise davantage la définition identitaire ou culturelle pour définir un Acadien. En d’autres mots, si on s’identifie au peuple acadien, il faut épouser les grandes caractéristiques de l’Acadianité, soit sa langue, sa culture et son histoire. Mais, la définition la plus simple est «Est Acadien celui qui se définit avant tout comme tel»…

 

Les accents de la Péninsule acadienne

Si les Acadiens partagent pour la plupart un vocabulaire commun, le français parlé par chaque région a évolué de façon différente dépendant des facteurs extérieurs les plus influents. Par exemple, certaines communautés vivent depuis longtemps de la pêche et ont intégré des mots issus du vocabulaire marin ou d’autres sont très près des communautés anglophones et ont donc emprunté de l’anglais.

Mais au-delà du vocabulaire, il y a l’accent! Et celui-là, il se multiplie et se décline en toutes sortes de mélodies. La Péninsule acadienne elle-même recèle des accents qui sont subtilement différents les uns des autres. Parfois, les accents régionaux ne sont détectables que par les habitants environnants. Pouvez-vous entendre les différences?

Lexique acadien  

 

dominique_breau_parler_acadien_pLe français parlé par les Acadiens est parsemé d’expressions qui lui sont propres et est façonné par un vocabulaire particulier. Dû surtout à l’isolement des communautés, chaque région a développé son accent, conservant souvent des mots archaïques, qui étaient encore employés en France lors du départ des colons vers l’Acadie ou utilisant couramment un vocabulaire normalement utilisé dans le contexte marin.

À travers les années, la proximité avec la langue anglaise a aussi laissé sa marque dans la langue des Acadiens des provinces Maritimes sous la forme d’emprunts ou de déformations de mots d’origines anglaises. Voici quelques exemples de mots ou d’expressions courantes dans la Péninsule acadienne:

 

Petit lexique acadien

Abrier : Un verbe archaïque, utilisé en France jusqu’au XVIIe siècle. Il signifie couvrir, emmitoufler.

Asteure : Un mot qui est une contraction de “à cette heure” et était répandu en France jusqu’au XVIIe siècle. Il signifie maintenant, désormais, en ce moment.

Bâdrer : Un verbe peut-être dérivé de l’anglais “to bother”. Il signifie déranger, ennuyer.

Brailler : Un verbe qui signifie pleurer.

Embarquer : Un verbe qui existe toujours dans la langue française standard, mais qui signifie ici monter à l’intérieur de, et n’est donc pas seulement utilisé pour parler des bateaux. Par exemple: “J’ai embarqué dans l’autobus.”

Espérer : Un verbe qui existe aussi toujours dans la langue française standard, mais qui est ici utilisé dans un sens archaïque. Il signifie attendre.

Galance : Un mot qui signifie balançoire et a peut-être une origine maritime.

Mouiller : Un verbe archaïque qui veut dire pleuvoir.

Zire (faire zire ou avoir zire) : Une expression qui indique le dégoût, la répulsion. Avoir zire de quelque chose, c’est en être dégoûté. Ce mot tire son origine du Poitevin-Saintongeais qui est une langue régionale de la France (centre-ouest)

 

Le français acadien

Pour en savoir plus sur le français acadien, visitez la page le Français acadien sur le site Web Cyberacadie.